Objectif Bac - Joan Fontcuberta 2/2

17 octobre 2011

Retrouvez sur le site personnel de l'artiste toute la documentation iconographique.

Les oeuvres
Fauna, 1989 - Oeuvre au programme du Bac 2012
Si la date inscrite plus haut est celle de la première exposition de l'oeuvre au musée de Zoologie de Barcelone, ce projet a été réalisé entre 1985 et 1989.
Joan Fontcuberta s'est associé avec l'écrivain Pere Formiguera. Ensemble, ils racontent la vie d'un explorateur, le Professeur Ameisenhaufen (Fourmillière en allemand) découvrant au début du 20ème siècle plusieurs espèces d'animaux extraordinaires. 
Ils réalisent des photographies et des textes ,cartes, schémas, vitrines et vidéos pour ce personnage et pour les fameuses découvertes inventées de toutes pièces.


Puis, ils mettent en place l'exposition avec le vocabulaire d'exposition propre aux musées de zoologie afin de parfaire l'effet de vrai.
Ainsi, ils vont avoir recours au dispositif muséographique habituellement employés dans les institutions scientifiques : des vitrines exposaient des notes dactylographiées, des croquis d'après nature, des cartes, des fragments osseux, quelques spécimens empaillés et quantité de photographies.
Des panneaux didactiques s'employaient à expliquer aux visiteurs les particularités du Micostrium vulgaris, du Centaurus neandertalensis, ou du Cercopithecus icarocornu : leur morphologie, leur type de comportement, de nourriture ou d'habitat, et jusqu'à leur mode de reproduction.
Fontcuberta est présenté comme simple commissaire d'exposition.

Ici, un site internet montrant les illustrations présentes lors de cette exposition.

Ces photographies et cette mise en scène, pour simuler une vérité scientifique, nous conduisent à nous interroger sur les méthodes de falsification de l'information. C'est faux, bien que cela paraisse vrai.
L'idée de Joan Fontcuberta est de faire fonctionner ses oeuvres comme des vaccins. Un vaccin introduit dans un organisme un virus inoffensif faisant produire à l'organisme des anticorps afin que si il est réellement infesté, il puisse s'en débarrasser par ses propres moyens. Pour lui ses oeuvres doivent fonctionner de la même manière. Devant elle, l'organisme-spectateur produit un anticioprs-méfiance, et l'idée est d'introduire ce réflexe de scepticisme devant toute idée ou image qui se donnera comme « vraie ». On peut donc dire qu'il se sert de la fiction dans ses oeuvres pour prévenir le spectateur de son omniprésence dans la réalité.

le Professeur et le Centaurus
On peut imaginer sur ce principe des photos montages, des mises en scènes rendant crédibles des choses qui ne le sont pas, ou au contraire surnaturelles des choses qui sont normales pour nous. Par ailleurs son travail nous pousse à mettre en question les moyens de communication tels que les journaux. Il serait intéressant de les étudier par exemple et de les comparer afin de voir comment ils traitent l'actualité. Cela rejoint un peu le travail de Pierre Huyghe qui cherchait à voir comment faire le récit d'un événement (par exemple avec le traitement d'un fait divers dans The Third Memory). Ici, le propos serait plutôt de voir en quoi l'événement est manipulé pour entrer dans un récit. Exemples de mises en pratique : fabrication de faux journaux, faux reportages, fausses pubs...


Miracle and Co, 2002
Fontcuberta réalise une série de photographies dans lesquelles il se met en scène incarnant plusieurs miracles. Les photos en noir et blanc ou en couleurs surannées, les décors et les costumes nous portent à imaginer qu'il s'agit du début 20ème siècle. Dans les photos, l’artiste est vêtu d’un costume religieux. La référence à l'Eglise, à son système philosophique et à la représentation du monde qu'elle véhicule est explicite.

Mazzeri, 2002
Il s'agit de 30 photographies en couleur accompagnées d'un livret d'artiste.
Les mazzeris sont des personnages légendaires corses accompagnant l'homme vers sa propre mort. Ils sont issus de temps lointains, et on raconte leurs légendes depuis dés générations. Ici nous sommes confrontés à une autre fiction culturelle crée par l'homme qui est le mythe, la légende qui va expliquer avec des situations compréhensibles quelque chose qui ne l'est pas et qui fait peur (la mort). Cette oeuvre très belle et très contemplative montre le changement de point de vue de Fontcuberta. En effet, après nous avoir conduit au scepticisme et au cynisme face aux oeuvres, il commence à voir le contrepoint de cette position: « Nous souffrons de la maladie du doute cynique, autrefois salutaire, aujourd'hui devenu une forme assez confortable de non-engagement. » A force d'être confronté au doute quand à la véracité d'une image nous avons été immunisés et ne croyons plus en rien. Or, croire, c'est s'investir et s'engager dans une compréhension du monde et la transmettre. Si plus personne ne croit aux Mazzeri, plus personne ne transmettra leur histoire, et ils disparaîtront.
Le travail de Joan Fontcuberta vise aussi à leur rendre vie par l'intermédiaire de la photographie.

Enfin ces photographies sont contemplatives car Joan Fontcuberta ne les a pas pensées, ne les a pas construites, mais les a prises sur l'inspiration du moment.

Ces photographies nous montrent les Mazzeri, et à la fois le lieu entre réalité et fiction dans lesquels ils s'inscrivent. Ils existent, puisqu'on parle d'eux ! Et à la fois ils sont insaisissables et leur vie relève de la fiction...

Enfin ces photographies racontent leur histoire, comme le dit Fontcuberta, elles se placent aussi dans la narration. Elles sont un autre support à leur récit.

Avec ce travail, Fontcuberta a cherché à réconcilier l'homme avec la valeur narrative de l'image. Il lui demande de croire en cette histoire et de se laisser porter par elle, et lui rappelle que les mass-média ne sont pas les seuls moyens de compréhension du réel.


Source - http://www.lebbb.org/ 

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