Frida Kahlo - Un compte-rendu

27 décembre 2011

Dans la Casa Azul reconstituée
au centre du musée
Le 7 décembre dernier, les lycéens inscrits en Espagnol et en Arts plastiques se sont rendus au musée Gehrke-Remund à Baden-Baden découvrir la vie et l'oeuvre de Frida Kahlo. Caroline Hildebrandt, élève en Terminale L rend compte pour le coin des arts plastiques de cette expérience dans l'article ci-dessous. 

Un grand merci pour sa belle contribution.


« Qu’avez-vous remarqué de frappant chez Frida Kahlo ?
- Son monosourcil ! »
Passer outre cette petite spécificité physique de l’artiste, voilà bien un des objectifs atteints par cette après-midi au Kunstmuseum Gehrke-Remund de Baden-Baden. Reconnaître un tableau de Frida Kahlo lorsqu’il s’agit d’un autoportrait, bon nombre d’élève en était capable ; quant à le décrire et analyser l’arrière plan autobiographique que cache chaque peinture, cela eût été plus délicat.
Durant cette visite, successivement libre et guidée, les élèves de la classe d’arts-plastiques ainsi que les élèves de la classe d’espagnol LV1 ont pu errer dans la vie non moins tumultueuse de l’artiste mexico-européenne, et purent finalement reconstituer la vie de Frida, cette Frida qui relate chaque épisode, chaque questionnement de sa vie, sous forme d’autoportraits certes, mais également de natures mortes, ou encore d’ex-voto, ces tableaux représentatifs de « miracles », que l’on peignait ou faisait peindre afin de remercier le saint que l’on disait être intervenu.

Questionnement, c’est bien le mot clef de l’œuvre de Frida Kahlo. Partagée dès sa plus tendre enfance entre les racines germaniques que lui confèrent son père et l’identité mexicaine de sa mère, l’on retrouvera nombre de tableaux qui seront inspirés de cette hésitation qui l’accompagna tout au long de sa vie.
La souffrance également peut être considérée comme fil directeur dans les peintures de l’artiste. Celle-ci en effet aura connu un terrible accident qui l’empêchera à jamais de donner la vie, douleur qu’elle endurera et qu’elle représentera dans divers tableaux encore, d’où percera une certaine amertume. Ainsi, on retrouvera souvent l’image d’un enfant tentant de naître mais qui restera à l’état de fœtus, ou encore celle d’un utérus blessé, témoignant ainsi de la réelle douleur éprouvée par Frida. Souffrance encore dans le domaine amoureux, avec un mari qui la trompe à répétition, mais un mari qu’elle ne peut s’empêcher d’aimer ; l’on retrouvera d’ailleurs l’évolution de sa vision de Diego, ce mari infidèle tout d’abord représenté comme infiniment plus grand et supérieur à elle, pour finir comme un nourrisson bercé dans ses bras, qu’elle se sentira obligée de protéger, et en quelque sorte d’élever, mais aussi l’évolution de Frida elle-même, qui s’imaginait un avenir prometteur, les yeux tournés vers le futur, pour continuer sur une Frida quelque peu perdue dans les méandres de cet amour bafoué.
Problèmes d’identité, problèmes amoureux, problèmes de santé (elle eut notamment des problèmes de dos qui inspirèrent également sa peinture), l’œuvre de Frida Kahlo, mieux encore qu’un livre, est on ne peut plus autobiographique, mêlant par ailleurs des morceaux d’histoire puisque la mexicaine représentera bon nombre de personnages de son époque dans ses tableaux tels que Staline, elle qui était de plus communiste.
L’artiste ne laissera cependant pas qu’une trace pessimiste dans le monde de l’art ; elle sut toujours apprécier les bonheurs de la vie, dans ces couleurs chaudes et suaves des latitudes de son Mexique natal. Elle terminera par ailleurs sa vie sur une ode à la vie elle-même, avec les splendides fruits de son « Viva La Vida ».

C’est ainsi que quelques walbourgeois purent découvrir en une après-midi la vie et l’œuvre d’une des artistes les plus productives du XXe siècle, parfaisant leur culture mais éveillant peut-être en eux également une quelconque source d’inspiration pour leurs projets à venir… ?

Caroline Hildebrandt.

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