Objectif Bac - Giuseppe Penone et l'Arbre aux Voyelles 2/2

15 janvier 2013


Une sculpture parmi d’autres au jardin des tuileries à Paris


Maillol au jardin
des Tuileries
A coté des sculptures mythologiques classiques et des oeuvres de Maillol, le jardin de sculpture des Tuileries comprend, depuis 1998, le jardin accueille des sculptures modernes de : Henry Moore, Roy Lichtenstein, Tony Cragg, Jean Dubuffet, Alain Kirili, Étienne Martin, Giuseppe Penone, etc.
Des expositions provisoires y ont lieu, comme l'Araignée de Louise Bourgeois ou Clara-Clara du sculpteur minimaliste Richard Serra au printemps 2008.

Une commande publique
L'arbre aux voyelles de Penone est une scupture en bronze, commandée par le Ministère de la Culture et de la Communication. Il a été réalisé avec la participation de Pascal Cribier, architecte paysagiste.  L'arbre des Voyelles de Penone, une oeuvre monumentale de bronze installée au Jardin des Tuileries.


L’arbre une thématique récurrente chez Penone
L'Arbre qui revient de manière récurrente dans l'œuvre est lui aussi affaire de sculpture et de modelage. Il y revient non seulement comme figure emblématique de la nature, motif ou objet de sculpture, mais encore - et de façon plus singulière - comme matière disposée au moulage et au modelage.

Un moulage en bronze de 14 mètres de long
L'arbre des voyelles est un moulage en bronze d'un chêne de quatorze mètres de long qui au contraire de son modèle déjà retourné à la terre, il ne pourrira pas.

"Si j'ai utilisé le bronze, c'est parce qu'il est une fossilisation idéale du végétal. Le bronze a ses racines dans une culture qui est l'animisme et je ne peux penser qu'elle ait utilisé des techniques qui n'étaient pas en liaison avec la brutalité de la nature. Enfin c'est un matériau qui, si on le laisse à l'extérieur, à toutes les intempéries, prend une oxydation dont l'aspect est très similaire à celui de la feuille ou du fût des arbres."
Giuseppe PENONE.

Cette œuvre de bronze, dont le titre peut évoquer un poème de Rimbaud est emblématique de la démarche de Giuseppe Penone.
Démarche qui met l'inerte en consonance avec le vivant et donne matière sculpturale au temps.
Ici, les cinq branches de l'arbre couché témoignent d'un passé. De ce passé fixé par une empreinte renaissent cinq vivants arbustes, cinq « voyelles », A-E-I-O-U, qui sculptent lentement le présent au rythme des saisons.

Deux axes sont à méditer pour l’arbre aux voyelles de Penone :
AXE 1
L’artiste fait usage du moulage pour obtenir un double, une réplique en bronze qui, telle une photographie, se saisit des états de l'instant où le temps fait surface.
Instant auquel le bronze donne permanence, pérennisant l'effet de l'étreinte momentanée dans la durée.
Les élèves seront invités à réfléchir aux conséquences paradoxales de ce geste artistique qui revient à sculpter l'action du temps à contretemps : à donner forme sculpturale pérenne à un instant.

AXE 2
Le second axe se rapporte à la posture « réaliste » de Penone qui, en recourant au moulage, privilégie le contact, la relation existentielle avec la matière.

L’arbre aux voyelles et le spectateur
La question de la présentation de l’arbre aux voyelles

1. En passant par le jardin –
La mise en scène de l'arbre est essentielle pour saisir la dimension de l'oeuvre de Penone. Aucun socle, aucun signe ostensible d'exposition n'est directement perceptible par le passant, le promeneur.
Au premier regard, le faux du vrai ne saute pas aux yeux, et le moulage apparaît comme un immense oubli du jardinier au milieu d'un parc ordonné.

2. L’approche de l’œuvre change grâce à son titre
De même la dimension poétique conféré par son titre ne peut se révéler qu'après un rapprochement physique avec l'oeuvre... et créé un temps de latence nécessaire à sa compréhension, son interprétation... Temps pendant lequel l'oeuvre vagabonde dans l'esprit du spectateur.
Cet arbre de bronze est d'une matière pérenne qui le rapproche des grands fossiles et lui assigne une dimension mémorielle, bucolique et grave.

3. La mémoire durable de l'arbre
L'œuvre est parallèle à la Seine … ce parallélisme n'est peut-être pas fortuit. En effet, le Fleuve et ses affluents, l'Arbre et ses branches, ont une structure arborescente similaire bien que leurs directions et leur dynamique s'opposent (verticalité/horizontalité, courant ascendant/courant descendant).
Mais encore, l'arbre des Tuileries est passé par un état liquide. Le métal en fusion a coulé au creux du moule avant de se solidifier dans une imitation parfaite et durable de son modèle couché. De cet état liquide le simulacre de bronze conserve la dynamique : il se présente comme une source de vie.

4. Nature et culture
…L'œuvre de Penone, dès ses prémisses, se situe en rupture avec la tradition moderniste, tradition qui tourne le dos à cette même nature. Dans les années soixante, les artistes qui occupaient le terrain de l'avant-garde étaient pour la plupart les héritiers des dadaïstes, succédant à une vague d'abstraction, héritière quant à elle du surréalisme et de l'expressionnisme. Même si le naturalisme n'avait pas été absent de la seconde école de Paris, la référence au modèle naturel n'était pas depuis la plus partagée.


CONCLUSION
Ainsi rien n'est laissé au hasard chez Penone pour évoquer et interroger cette nature immémorielle.. fossilisée. Ni le matériau, ni le lieu, ni la manière dont est disposé ce moulage monumentale. Il interroge le passant et fait référence à Rimbaud, d'une manière plus tacite qu'Ernest Pignon Ernest, mais tout aussi vigoureuse, continuant ainsi une filiation entre les esprits créateurs de la capitale.



Arbre des voyelles, Guiseppe PENONE par cityson

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