Rodin - 1

Rodin apparaît comme un artiste clef entre la tradition des grands maîtres de l'histoire de l'art et la modernité du début du XXème siècle. A cheval entre deux mondes, son oeuvre est symptomatique des mutations de son époque.



Formation
Rodin a échoué 3 fois au concours des Beaux-arts.
Il intègre finalement en 1854 l'Ecole Impériale Spéciale de dessin et de mathématiques dite la petite école où il recevra une formation de dessin solide.



Raphaël , Captif, Musée du Louvre.

Michel-Ange, Captif ou esclave rebelle, Musée du Louvre.
Le jour il dessine les antiques ou les oeuvres classiques de Michel-Ange ou Raphael exposées au Louvre. Le soir, il les redessine d'après mémoire. Le dessin de mémoire lui permet de rester actif dans son trait.
Il quitte l'école en 1857.

La technique des profils
Le dessin le conduit à adopter la technique des profils en sculpture.
Rodin tourne ainsi autour de son modèle afin de le dessiner dans l'argile par profils successifs. C'est ce réseau de ligne qu'il relie ensuite entre-elles pour enfermer le corps et l'âme du modèle.
Il réunit enfin les différentes silhouettes en un seul corps qui prend vie.

Les sculptures réalisées à partir de plusieurs points de vue étaient plus précises et tranchaient avec celles créée avec un point de vue unique.

L'âge d'Airain semble être l'aboutissement de cette méthode.

L'âge d'Airain, 1877.

J'avais beaucoup dessiné avant de modeler (...) dès ma première étude j'ai appliqué naïvement sur la terre ce que je savais du dessin, et cela m'a conduit rapidement à voir les profils (...)Dans un corps humain, le profil est donné à l'endroit où le corps fini.


Le modelé
Pour le modelage, Rodin se formera principalement sur les chantiers. Il est de condition modeste et doit gagner sa vie. A cette époque Paris est un perpétuel chantier et il trouve sans mal une place dans une entreprise de maçonnerie et de décoration.

En 1864 il est embauché par Ernest Carrier-Belleuse, sculpteur alors très en vue et participe à la décoration de différents édifices parisiens.
Constant Simon, mouleur et ornementaliste lui enseigne la science du modelé :

Quand tu sculpteras désormais, ne vois jamais les formes en étendue, mais toujours en profondeur... (...) c'est ainsi que tu acquerras la science du modelé.

Cette exagération du modelé trouvera sa pleine expression dans la statue de Balzac.

Quand j'ai dessiné, pour donner plus d'ampleur à mes figures, je les exagère un peu et j'obtiens ainsi plus de vérité, plus de mouvement et plus de vie.

Les sources d'inspirations

Donatello, Marie-Madeleine, 1453.
Michel-Ange, David, 1501


  • La renaissance italienne : Michel-Ange et Donatello (Voyage en 1875)
  • La France gothique
  • La Nature et l'étude du modèle vivant
La Nature d'abord, l'antique ensuite : voilà la route à suivre
 Rodin s'applique à faire un usage vivant de la tradition. Il ne copie pas scolairement les formes du passé, il les adapte et les applique à l'étude du modèle vivant.

  • La littérature : Dante, Hugo, Balzac et Baudelaire 


La Porte de l'enfer
Monument commémorant Victor Hugo et Honoré de Balzac

Les visions de ces écrivains l'aide à dépasser les limites de l'observation de la nature et développe chez lui un imaginaire et un pouvoir de suggestion.

La lecture de Baudelaire l'incite à s'écarter de l'observation pour rêver et modeler plus librement la forme sculptée en tant que poète et parfois sans l'aide du modèle vivant.

Cette pratique poétique du modelage l'aide à sortir des impasses du modelage sans modèle. Ses sculpture ne sont pas seulement la représentation des deux écrivains , mais aussi la vision que ce faisait Rodin de leur génie littéraire : celle d'une force de la nature.

Balzac, 1892

La porte de l'enfer, 1880-1917.

Victor Hugo, 1890.



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